Les masques wanyugo sont portés lors des cérémonies funéraires de la société initiatique du poro et permettent au défunt d'entrer au royaume des esprits. Leur rôle est en fait de protéger le village des esprits malveillants, de la sorcellerie et de préserver la communauté du malheur et des maladies. Originaire du « bois sacré », sanctuaire des ancêtres et des esprits de la brousse, ce masque était porté par un initié du poro. Cette association très puissante et dont les dignitaires parlent une langue secrète, joue un rôle essentiel dans la vie communautaire. Elle tisse des liens de fraternité et d'assistance entre les membres d'une même classe d'âge et d'un même grade (le poro étant divisé en trois grades, eux-mêmes divisés en plusieurs échelons).
Ce masque puise sa force dans une association iconographique complexe : la robustesse du buffle, la sagesse de l'antilope, l'agressivité du phacochère et la puissance du crocodile.
La fabrication d'un masque chez les Sénoufo, peuple du Nord de la Côte d'Ivoire, ne s'entoure pas de mystère ni de sacré. Fabriquer un masque, un tabouret, un mortier demande au sculpteur le même type d'attention. Le masque n'est qu'un objet de bois à la base. Il ne deviendra sacré que le jour où il sera dansé dans un contexte liturgique. Pour ce faire il faut le masque objet, un costume, des ornements, les attitudes propres à la danse, le halo de mystère, de puissance, de connaissances occultes qui accompagne le masque. Le masque guidera l'homme Sénoufo dans toutes les phases initiatiques du Poro ou lors des funérailles. Certains masques participent aussi à des distractions publiques.